Au Sénégal, dans de nombreux territoires ruraux, des femmes s’organisent chaque jour pour produire, préserver les ressources naturelles et renforcer la résilience de leurs communautés face aux crises climatiques et économiques. Depuis plus de quarante ans, Enda Pronat accompagne ces dynamiques locales, par une approche communautaire. Elle soutient les initiatives portées par les femmes et en développant des conditions favorables à leur épanouissement socioéconomique.
Dans les champs, dans les périmètres maraîchers, au bord des mangroves, dans les unités de transformation agroalimentaire, dans les instances de gouvernances et réunions communautaires , des femmes s’organisent chaque jour pour nourrir leurs familles, protéger les ressources naturelles et contribuer au bien être de leur communuauté.

Partout au Sénégal, elles innovent,de la production à la commercialisation en passant par la transformation, transmettent des savoirs et organisent la solidarité.
Cependant, ce travail essentiel reste encore trop souvent invisible, insuffisamment reconnu et modestement soutenu.
À l’occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, ces réalités rappellent une évidence : les femmes ne sont pas seulement bénéficiaires du développement, elles en sont les moteurs. Mais pour que leur engagement transforme pleinement les territoires, leurs droits doivent être pleinement reconnus et garantis.
Accès et contrôle aux ressources productives (terre, eau, forêts, énergie), application des textes , lois et conventions en faveur des femmes, participation aux décisions ; ces enjeux restent au cœur des combats quotidiens de nombreuses femmes rurales.
Des initiatives portées par les femmes elles-mêmes irriguent le développement endogène
Dans de nombreuses localités, les femmes prennent l’initiative de créer des groupements, d’aménager des périmètres maraîchers, de développer des systèmes de solidarité et des activités économiques locales génératrices de revenus.
À travers ces dynamiques collectives, elles développent des pratiques agricoles diversifiées et respectueuses de l’environnement, sélectionnent et conservent leurs propres semences, améliorent la fertilité des sols et renforcent la sécurité alimentaire de leurs familles.
Ces initiatives contribuent à améliorer leurs revenus, à réduire la pénibilité du travail et à renforcer leur pouvoir économique .A cela s’ajoute des transformations sociales importantes dont elles sont sujettes : confiance collective, entraide, participation aux décisions locales.

Comme l’explique Ndèye Diaw, productrice à Ndiaback, commune Ndoga Babacar :« Aujourd’hui, nous obtenons de bons rendements grâce aux formations reçues. Nous sélectionnons et conservons nos propres semences, ce qui nous permet d’économiser et de gagner du temps. Les activités comme le maraîchage, la saponification ou les foyers améliorés ont renforcé notre groupement et notre solidarité. »
Dans plusieurs zones, les groupements féminins ont également mis en place des systèmes de crédit rotatif, permettant aux membres d’accéder plus facilement aux semences, au matériel agricole ou aux petits investissements nécessaires à leurs activités.
Ces initiatives illustrent une réalité souvent ignorée : les femmes ne se contentent pas de s’adapter aux difficultés, elles innovent pour relever des défis.
Se mobiliser pour faire reconnaître leurs droits
Au-delà des activités économiques, de nombreuses femmes s’engagent aujourd’hui pour faire reconnaître leurs droits et leur place dans les instances de décision.
Dans certaines localités, des actions collectives ont permis de sensibiliser les communautés sur les violences basées sur le genre, les droits des femmes, notamment en matière d’accès au foncier ou à l’état civil.
À titre d’exemple, 13 hectares de terres ont été sécurisés au profit de 17 femmes, 480 femmes formées sur les textes et lois fonciers au niveau de la commune de Keur Moussa
À Koussanar, les groupements féminins ont initié une mobilisation communautaire pour faciliter l’obtention de documents d’état civil.
Grâce à cette campagne, 149 demandes d’actes d’état civil ont été déposées auprès des mairies, permettant à de nombreuses femmes d’obtenir un extrait de naissance ou une carte nationale d’identité.
Les groupements ont également mis en place des mécanismes de solidarité pour financer les démarches administratives et accompagner les femmes dans ces procédures.
Ces initiatives rappellent une réalité fondamentale : sans identité juridique, sans accès aux droits civiques et sans accès sécurisé aux ressources, l’autonomisation des femmes reste fragile.
Reconnaître les femmes comme actrices des transitions écologiques

Partout, les initiatives portées par les femmes montrent à quel point les transitions écologiques et alimentaires reposent déjà sur leur travail quotidien.
En développant des pratiques agroécologiques, en protégeant les semences locales, en diversifiant les cultures et en préservant les ressources naturelles, elles contribuent directement à la souveraineté alimentaire, à la résilience climatique et à la durabilité des territoires.
Ces contributions doivent être mieux reconnues et mieux soutenues par les politiques publiques. Cela suppose notamment de :
• garantir un accès sécurisé des femmes au foncier et aux ressources productives,
• renforcer leur accès au financement, à la formation et aux équipements,
• assurer leur participation réelle et significative aux processus de décision,
• et reconnaître pleinement leur rôle dans la transition agroécologique et la gestion durable des ressources naturelles.
Un enjeu de justice et d’avenir
Les expériences portées par les femmes dans les territoires montrent que la défense des droits des femmes, la justice sociale et la protection de l’environnement sont profondément liées.
Renforcer les droits des femmes rurales n’est pas seulement une question d’égalité : c’est une condition essentielle pour construire des systèmes alimentaires durables, des territoires résilients et des sociétés plus justes.
À travers leurs initiatives, leurs solidarités et leurs mobilisations, les femmes démontrent chaque jour qu’elles sont au cœur des transformations nécessaires pour l’avenir.
À travers leurs initiatives, leurs solidarités et leurs mobilisations, les femmes démontrent chaque jour qu’elles sont au cœur des transformations nécessaires pour l’avenir.
En ce 8 mars, leur engagement nous rappelle une conviction simple :
Soutenir les femmes, c’est soutenir la terre, les communautés et l’avenir.
Aux côtés de ces dynamiques locales, de ces hommes champions et décideurs engagés ,Enda Pronat continuera d’accompagner les initiatives portées par les femmes, en contribuant à renforcer leurs capacités d’action, à faire reconnaître leurs droits et à porter leurs expériences dans les espaces de dialogue et de décision.